• Chapitre III Un cadeau inattendu

     

    Après le cours de chimie, je rejoignais le couloir principal afin d’y retrouver Sam. C’était notre quart d’heure de pause pour nous et tous les étudiants.

     

    Le couloir était bondé d’étudiants, comment allais-je retrouver Sam là-dedans ?

    Je marchai aveuglement au milieu de la foule afin d’essayer de le repérer, mais c’était strictement impossible ; il y avait trop de monde et trop d’agitation.

    Je m’adossai contre le mur en espérant que dans quelques minutes plusieurs étudiants auraient suivis mon exemple et que j’y verrais plus clair. Ce ne fut pas le cas.

    Battant en retraite, je sortis mon portable et envoya un texto à Sam pour lui demander où il était.

    La réponse fut presque immédiate, il me signala qu’il était devant la salle de maths A12.

    Je pris mes affaires et je longeai le couloir.

     

    Je l’aperçu. Il était adossé au mur de droite et il lisait un livre, un énorme livre ; Sam est un grand lecteur, personne ne peut le nier. D’ailleurs, son appartement le prouve.

     

    J’ai vu une fois son chez lui ; il est grand, très grand, plus grand que le mien. Il ressemble plus à un appartement dans lequel on vit lorsqu’on est adulte plutôt qu’un appartement dans lequel on vit lorsqu’on est étudiant.

    Son appart’ est composé de deux très grandes et vastes pièces. La première, c’est la pièce principale, dans laquelle on trouve sa cuisine américaine, son salon et son lit.

    Bien sur, ce ne sont pas les seuls objets que vous êtes susceptibles de trouver dans ce séjour, il y a divers meubles entassés dans tous les coins, le trois quart sont des étagères remplies à ras bords de romans, livres, encyclopédies… Les étagères des livres sont de couleur noires et souvent agrémentées de petits dessins au blanco que j’eu le plaisir de lui faire.

    Autre chose qui me fascine chez lui : son bureau. Il a la tête d’un bureau de patron : grand, noir, bien rangé (le mien est dans un désordre pas possible) et souvent agrémenté de son ordinateur qu’il pose fièrement dessus.

     

    Comme quoi, on n’a pas besoin de ressembler à son meilleur ami pour l’aimer !

     

    Je m’assis à côté de Sam : il ne bougea pas, il lisait, il lisait toujours. Impossible de lui faire lâcher son livre.

     

    - Sam, tu…

    - Attends cinq minutes ! Me répondit-il d’un ton assez désagréable.

     

    Sans me faire prier, je m’exécutai : je me figea et ne bougea plus jusqu’à ce que Sam déclare :

     

    - Ce livre c’est de la bombe ! Je crois que c’est le meilleur que je n’ai jamais lu !

    - Tu dis ça à chaque livre que tu lis…

    - Là par contre c’est vrai ! Tien, si tu veux je te le prête.

     

    Il tendit vers moi son espèce d’énorme livre qui devait peser trois fois son poids, je le repoussai légèrement.

     

    - Sans façon ! Déclarais-je. Je n’ai pas envie de mourir assommé par un livre !

     

    Sam sourit à pleines dents et me décrocha une tape amicale dans le dos.

     

    Les cours de la journée furent tous plus ennuyants les uns que les autres.

    Autant le matin, la chimie c’était intéressant, mais l’après-midi n’était composé que de cours inintéressants et franchement inutiles. Je fus content de partir !

     

    Lorsque je sortis de l’université, le ciel était presque noir –bien qu’il n’était que 18 heures.

    Le vent faisait tellement de bruit que je ne pus presque pas dire « à demain » à Sam ; et pour couronner le tout, il faisait tellement froid que le parc du bahut était gelé !

     

    Pour le reste, ce fus le train-train habituel : je sortit de l’université, longea la route, pris le métro (tout en dessinant) puis, je traversa la rue qui séparai la station de métro de chez moi.

     

    Lorsque je fus devant l’immeuble, j’ouvris ma boite au lettre, car il y a souvent du retard dans les cadeaux d’anniversaire.

    L’année dernière j’avais eu même droit à un gâteau envoyé par la poste.

    Ce gâteau provenait du sud de la France, il avait été envoyé par ma tante Marge que je déteste.

    Il y avait de la bonne intention d’envoyer un gâteau… Mais par la poste !

    Le gâteau avait du rester deux jours dans un horrible camion postier fumant où la température n’est gère inférieure à 30°C.

    Je vous laisse deviner qu’une fois que j’ai saisie cette chose immonde et toute dégoulinante qu’était le gâteau, mon premier reflexe fut d’ouvrir ma poubelle et de le jeter dedans de toutes mes forces.

    Mon second réflexe fut de faire une crise de fous rires en imaginant ce que dirai les éboueurs lorsqu’ils verraient cette chose immonde dans la poubelle.

    Et enfin, mon troisième réflexe fut d’appeler ma tante pour le « remercier » de son « délicieux » gâteau à la crème. Je lui ai fait un baratinage en lui expliquant qu’il était délicieux et que j’en avais manger avec pleins d’amis (mais bien sur !) et que j’espérais en ravoir un l’année prochaine.

    En raccrochant le combiné, j’avais réalisé de la gaffe que je venais de faire : j’avais dit que j’en voulais un l’année prochaine.

    Du coup, j’ai rappelé ma tante en lui disant de ne plus m’acheter de gâteaux maintenant parce que j’ai pris trente kilos en mangeant celui-ci et que j’en avais fait une allergie.

    Evidement, elle ne pas cru et elle s’est mise à me crier des injures. J’ai vite raccroché le téléphone en me maudissant.

    Des fois, je me demande si je pourrai être comédien grâce à mes excuses et ma manière très crédible de mentir.

     

    Mais bon, cette année à mon grand soulagement je n’u pas droit au gâteau dégoutant de ma tante, mais un à un gros paquet bien emballé.

     

    Lorsque je pénétra dans l’appartement, je pris un couteau et j’ouvris le carton : il contenait un paquet emballé avec du papier cadeau bleu marine, ainsi qu’une petite lettre : je l’ouvris.

     

    Cher frère

     

    Tu me manque tellement, je sais que petits on ne rêvait que d’une chose : partir loin de l’autre, mais maintenant, c’est presque l’enfer d’être séparé de toi et de ne jamais te voir.

    Mais bon, tu traces ta route, et j’espère qu’elle sera belle et pleine d’aventures.

     Pour mon cadeau d’anniversaire, j’ai voulu t’offrir quelque chose d’utile.

    J’ai toujours voulu que tu écrive un roman : je souhaite que mon vœu soit exaucé.

    Alors, j’ai choisi de t’offrir

     

    STOP ! Je cessa de lire et ouvris le paquet : le suspense est à son comble.

    Le cadeau de ma sœur était un espèce d’énorme livre d’un style qui faisait un peu « vieux grimoire de magie ».

    La couverture était brune et vierge. La reliure quand a elle était un peu usée et couverte de taches d’encres.

    Lorsque j’humai l’odeur, je compris qu’il provenait d’un endroit où on l’avait laissé pourrir.

    Je l’ouvris, à l’intérieur, les pages étaient jaunâtres et vierges, il n’y avait rien d’écrit.

    Je tournai frénétiquement les pages dans l’espoir de trouver au moins un petit texte, mais il n’y avais rien.

    Alors, je repris la lettre de ma sœur et chercha l’explication…

     

    … J’ai choisi de t’offrir un livre…vierge… Comprends-tu de quoi à besoin  ce livre ? D’un texte.

    Et ce texte cher frère, c’est toi qui va l’écrire ; j’ai toujours voulu te voir prendre un stylo et écrire une histoire longue, avec un but au bout…

    Si tu ne publies pas ce texte, écrie-le au moins pour moi, pour que je puisse le lire et comprendre la signification de chacun de tes mots placés dans un sens poétique…

    Pense à moi de temps en temps quand même…

    Bonne anniversaire Simon !!

    Alicia ta sœur

     

    Alicia se foutai de moi ! Je lui ai toujours expliqué en long et en large que je ne pouvais pas écrire de livre ! Ce n’était pas possible ! Je ne sais jamais quoi mettre dans un livre !

     

    Pourquoi avait-elle décidé de me contraindre à un défi que je ne pouvais pas relever d’avance ?

     

    Avait-elle fait un pari idiot avec Sonja sa meilleure amie qui me hait ?

     

    Ou alors pensait-elle vraiment que j’allais écrire ce livre ?

     

    *    *    *

    Une fois blotti dans mon lit, je songea à Alicia : elle qui m’offrais toujours les meilleurs cadeaux d’anniversaires venait de m’offrir un défi impossible à relever. Elle me décevait… Beaucoup…

    Jamais je n’écrirai ce livre…

    Jamais…


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter